#MissionMaths : fin du suspens

Publication ce jour du rapport conduit par Cédric Villani et Charles Torossian. A télécharger ici.

21 mesures déclinées sur 93 pages, trois mois de travail et un milliers de messages/propositions spontanées de la part des citoyens.

MissionMaths_21Mesures

#MissionMaths

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Geogebra : retweet

Construction d’une épicycloïde (en utilisant les tables de multiplication modulaires)

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et une jolie vidéo de Mickaël Launay sur le sujet :

En anglais, par mathologer :

 

Le tweet de @divbyzero nous a lancé dans une frénésie de constructions familiales :

 

Camp d’été à Oxford

promys_logo

Le prochain camp organisé à Oxford par PROMYS (=PROgram in Mathematics for Young Scientists) aura lieu du 15 juillet au 25 août 2018. Sont concernés les étudiants de lycée ou gymnase, en gros dès 16 ans.

Voilà une belle opportunité de parfaire son anglais tout en progressant en maths. N’hésitez pas à aller sur le site dès maintenant, d’autant que pour valider son inscription il faudra plancher au préalable sur quelques petits problèmes de maths.

Attention à la date de clôture des inscriptions qui est fixée au 18 mars 2018 (et même au 11 février 2018 pour les étudiants ayant participé à une session précédente)

Petit bémol : entre le camp d’été Mathematical Summer in Paris (voir mon précédent billet sur le sujet : ici) et celui d’Oxford, il faudra choisir. En effet, les camps tombent pile aux mêmes dates. Différence notable toutefois : le camp parisien dure une dizaine de jours alors que le camp oxfordien couvre plus d’un mois.

Les deux camps ont l’air tout aussi attrayant l’un que l’autre, à vous de faire vos choix.

Lienhttp://promys-europe.org/home

et pour une idée de l’ambiance (campus de Boston, USA) : https://vimeo.com/108471597

EPFL : les inscriptions sont ouvertes pour les ateliers enfants-ado

 

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Les ateliers (certains du moins) sont désormais déclinés dans les villes de Lausanne, Delémont, Porrentruy, Fribourg, Sion et même Schaffhouse.

Les inscriptions concernent la rentrée 2018. N’hésitez pas à inscrire vos enfants aux ateliers qui pourraient les intéresser. Attention : liste d’attente sur certains ateliers.

Pour ma part, mon fils était sur liste d’attente l’an passé. Il se peut qu’il ait une place cette année.

Pour les inscriptions : https://sps.epfl.ch/cms/site/sps/lang/fr/InscriptionsCours

 

 

Confrontation d’idées sur l’intelligence artificielle : Cédric Villani – Natacha Polony / France-Inter, le Grand Face-à-Face

 

Emission du 14 janvier 2018 (durée : environ 20 min.) / Extraits

Question : Faut-il avoir peur de l’intelligence artificielle.

  • Ali Badou : Pour y répondre, Cédric Villani, […]. Et c’est aussi un crapaud fou. Crapaud fou, ce n’est pas une insulte, au contraire.

  • Cedric Villani : Au contraire. Les crapauds fous, ce sont ces individus déviants, au comportement bizarre, qui chez les crapaud parfois sauve l’espèce en trouvant une route à laquelle leurs congénères n’avaient pas pensé. Et, alors que si cette route, par exemple, se transforme en axe de circulation de voitures, que les crapauds se font tuer par les voitures, ceux qui ne pensent pas comme les autres, vont trouver une voie de secours. Et par là, permettre aux autres de se sauver. Comme une métaphore pour nous de ce que parfois ce sont des déviants, des gens qui ne pensent pas comme les autres qui trouvent des solutions.

  • Ali Badou : Au point de présenter un manifeste du crapaud fou, qui est un appel à l’action pour un nouveau monde. On va en parler tout à l’heure, mais d’abord un mot sur l’intelligence artificielle. Quand on pose la question « faut-il en avoir peur », est-ce que c’est une bonne manière d’ouvrir le débat sur le sujet ?

  • Cédric Villani : Je pense que c’est pas une bonne manière, mais c’est une manière qui est assez naturelle dans un continent, l’Europe, qui est un continent qui se prépare à être le mieux protégé en termes de droits du citoyen par rapport à l’intelligence artificielle et qui en même temps en a le plus peur. Et c’est quelque chose qui va revenir dans notre mission, dans nos préconisations aussi, trouver des moyens de parler de l’intelligence artificielle, d’aborder les problèmes frontalement sans rien cacher mais aussi d’expliquer et de rassurer.

  • Ali Badou : Alors commençons par l’explication, de la manière la plus simple possible, qu’est-ce qu’on entend par intelligence artificielle.

  • Cédric Villani : Et cette première question qui est la plus naturelle est une chausse-trappe parce qu’il n’y a pas de bonne définition de l’intelligence artificielle. L’intelligence artificielle ce sont toutes sortes de techniques utilisées pour que des algorithmes puissent produire des résultats qui sont fins, qui sont malins, qui prennent en compte de multiples paramètres. Tellement malins, qu’on aurait cru qu’il fallait être intelligent ou sur-intelligent au sens où on l’entend habituellement pour fournir ces résultats. Et finalement, on voit ces programmes petit à petit émerger, exceller au jeu d’échecs puis au go, puis au jeu de bridge

  • Ali Badou : battre les humains

  • Cédric Villani : battre les humains, commencer à piloter des voitures automatiques, reconnaître automatiquement des situations, reconnaître si une image médicale indique un cancer ou pas. Des tâches… Mais enfin il faut bien s’entendre en quelques fractions de secondes et en connaissant beaucoup plus d’exemples qu’aucun cerveau humain pourra jamais comprendre. Le terme intelligence artificielle est fort mal choisi. Au début, ça a été choisi dans les années cinquante parce qu’il s’agissait de reproduire l’intelligence humaine avec un algorithme. Maintenant ce n’est plus du tout ça le plan. Le plan, c’est d’accomplir des choses que justement les humains ne savent pas faire et n’ont pas envie de savoir faire, comme de mémoriser des milliards d’exemples, comme de réaliser des opérations extrêmement, extrêmement rapidement. Le grand défi de l’intelligence artificielle c’est précisément laisser ces algorithmes prendre en charge les tâches qui sont extrêmement mécaniques, réflexes, celles qui sont, bref, pas dignes de nous humains et nous laisser nous concentrer sur ce qu’on aime faire.

  • Natacha Polony : […] Sauf que ça révèle une conception de ce qu’est la construction de l’intelligence humaine qui est assez problématique parce que ces tâches que nous considérons comme mécaniques, ce sont aussi souvent des tâches manuelles, or l’intelligence se forge par les sens, par les cinq sens et par le geste et nous avons un petit peu tendance à l’oublier. C’est un des premiers problèmes que pose cette conception de l’intelligence artificielle. Le deuxième étant que l’on s’aperçoit que de plus en plus de gens qui sont au coeur de la conception de cette intelligence artificielle sont en train d’alerter. Et certains y voient un parallèle avec les remords par exemple des scientifiques qui ont inventé la bombe atomique, c’est-à-dire c’est du même ordre. Quand on voit des gens qui étaient au coeur de la Sillicon Valley, qui étaient au coeur des GAFA [Google-Apple-Facebook-Amazon] et qui tout à coup disent « attention, nous sommes en train de nous laisser déborder », eh bien, est-ce qu’il ne faut pas y voir l’idée que comme Rabelais le disait « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » et que se laisser gouverner par des algorithmes, c’est aussi choisir de ne plus avoir de guide moral, mais un guide d’efficacité, de finance et qui pourrait aller au-delà, enfin dépasser notre désir éthique.

  • Cédric Villani : Natacha Polony, vous avez admirablement résumé certains des enjeux les plus importants, c’est vrai. Et y’a quelques mots-clés. Effectivement, l’enjeu d’abord n’est pas de se laisser gouverner par les algorithmes, mais si on en arrive-là, c’est qu’on aura perdu la bataille. L’enjeu est d’arriver à faire de ces algorithmes ce que nous souhaitons en faire. Il ne faut pas se défausser derrière la technologie : « c’est la technologie qui fait ça et on n’y peut rien ». Ca c’est la mauvaise approche. La bonne approche est de chercher à garder la responsabilité, à faire en sorte que ce soit l’intelligence artificielle qui soit conçue et utilisée avec un sens de l’éthique. Y compris avec des organes indépendants qui seront chargés de le vérifier et de faire des recommandations »

Dans les questions soulevées j’ai noté par la suite :

« Qui a la main sur la production de l’intelligence artificielle, qui aujourd’hui produit les avancées dans ce secteur? »

ainsi que la question de l’impact sur le contrat social et notamment, la question du travail.

Enfin une dernière remarque pertinente de Natacha Polony :

« Aujourd’hui, le monde fonctionne selon des règles privées, des règles de profit. Et les algorithmes aujourd’hui sont utilisés essentiellement et avant tout pour faire du profit et peut-être même pour manipuler les individus et c’est là que ça devient problématique. Comment fait-on pour fournir au futur citoyen les moyens aujourd’hui de ne pas être totalement aliéné par des algorithmes qui vont décider à leur place et avant eux ce qu’ils veulent et ce qu’ils peuvent penser. Parce que derrière cette problématique d’intelligence artificielle, il y a avant tout le moyen de transformer les individus en consommateurs »

[…]

 

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Remarque : je n’ai pas encore trouvé le nom de la chercheuse française qui serait à l’origine du deep learning dans les années quatre-vingts, chercheuse à laquelle Cédric Villani faisait allusion avant de mentionner Yann Le Cun

Campus junior : sciences et actualités décryptées pour le jeune public


 

On peut retrouver les anciens numéros de Campus Junior sur le site de l’université de Genève : https://www.unige.ch/campusjunior

Le magazine est sorti en 2014 d’après une idée de Tania Chytil, journaliste à la RTS et initiatrice du site RTS découverte. Il sort 4 numéros par an et le public visé est la tranche des 7-12 ans, mais les plus grands peuvent y trouver leur compte également.

Les informations sont variées et accessibles pour les plus jeunes.

Une remarque et pas des moindres : l’abonnement est gratuit. Alors n’hésitez pas, abonnez-vous ! Pour s’abonner : c’est ici

Le seul bémol de la revue : les maths y sont très peu représentées excepté dans le dernier numéro (numéro 13 / hiver 2017)

Pour un petit aperçu des unes des anciens numéros :

 

 

 

RTS découverte : sciences et actualités décryptées pour le jeune public

Tout est là : https://www.rts.ch/decouverte/

Mais, laissons Tania Chytil nous présenter le concept dans une petite vidéo de 3’50 avec une explication par l’exemple sur le thème « qu’est-ce que calculer » : ici

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J’aime beaucoup la chute de la vidéo : « apprends tes tables de multiplication ! ».

Quelle jolie injonction.

 

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Le magazine Tangente disponible en kiosque !

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Le magazine Tangente est enfin disponible en Suisse romande !

Il aura fallu attendre 30 ans pour que le magazine parvienne à traverser la frontière. Comme quoi, tout vient à point à qui sait attendre. Ce qui illustre aussi qu’en maths, il faut savoir être patient. Mais qu’on se rassure : à défaut d’être patient, on le devient. Voilà, c’était la sagesse du jour.

 

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Remarque : Le magazine Tangente — ainsi que le hors-série associé — a été vu dans les K-Kiosk de Chauderon, Saint-François, Lausanne gare.

 

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Le grand roman des maths, c’est dans la poche

Ca y’est, c’est en poche !

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Si on ne l’a pas encore lu, il ne faut surtout pas hésiter ! Un livre sur l’histoire des maths qui se lit vraiment comme un roman, c’est une lecture qui ne se refuse pas ! Personnellement, j’ai vraiment adoré. Le roman de Mickael Launay a été couronné du prix Tangente en 2017.

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